Face aux conditions météorologiques extrêmes de ces derniers jours, laisser des femmes et des hommes dormir à la rue n’était tout simplement pas une option. À Forest, la solidarité a pris une forme très concrète : une salle de sport communale a été mise à disposition de la plateforme citoyenne BelRefugees afin d’y organiser un dispositif d’hébergement d’urgence pour les personnes en situation de grande précarité.
Ce dispositif, activé en urgence pour une durée de dix jours, permettra d’accueillir entre 70 et 90 personnes chaque nuit. Il a été rendu possible grâce à une collaboration exemplaire entre les acteurs de terrain : BelRefugees, la Croix-Rouge, Bruss’Help, le SAMU social, et la commune de Forest.
Les socialistes agissent
Cette mobilisation est le fruit de l’initiative du bourgmestre Charles Spapens, avec le soutien du collège communal composé entre autres de nos échevins Françoise Père, Said Tahri, Fatima-Zohra El Omari, qui a pris ses responsabilités face à l’urgence sociale. En activant rapidement le plan Grand Froid et en mettant les infrastructures communales à disposition, les autorités communales ont démontré qu’en situation de crise, l’action et la solidarité doivent primer sur l’attentisme.
À cette mobilisation s’ajoute l’engagement quotidien des équipes communales : le « chauffoir », géré par le service prévention et la maison des jeunes, reste ouvert en journée pour permettre aux personnes sans-abri de se réchauffer. La nuit, la salle mise à disposition offre un espace digne, sécurisé et humain, à l’abri du froid et des intempéries.
Pour le Parti socialiste forestois, cette action n’est pas un simple geste symbolique. Elle traduit une conviction profonde : la lutte contre la pauvreté et l’exclusion ne peut pas attendre, surtout quand les températures mettent directement des vies en danger. Quand les dispositifs d’accueil sont saturés et que l’urgence sociale explose, les pouvoirs publics doivent être au rendez-vous.
Nous saluons tout particulièrement l’engagement de l’échevin des Sports socialiste, Said Tahri, et le service des Sports et des nombreux bénévoles qui ont permis la mise en place rapide et efficace de ce dispositif. Leur réactivité montre qu’une autre manière de faire de la politique est possible : une politique qui part des besoins concrets et qui agit, ici et maintenant.
Agir localement, dénoncer les injustices structurelles
Agir comme nous le faisons ne suffit pas et il faut aussi poser les bonnes questions face à l’explosion de la grande pauvreté. Les communes sont aujourd’hui lourdement impactées par les choix politiques pris au niveau fédéral. La chasse aux chômeurs, les politiques d’exclusion et le renvoi massif de personnes vers les CPAS mettent directement en péril les finances communales. Plus grave encore : ces mesures antisociales annoncent une explosion de la pauvreté et de la précarité dans nos quartiers.
Avec les socialistes, nos communes continueront à réagir. Oui, elles continueront à inventer des réponses humaines, solidaires et responsables. Mais soyons clairs : l’action locale, aussi indispensable soit-elle, ne pourra jamais compenser des politiques fédérales qui organisent l’exclusion.
La mobilisation des communes ne peut aller sans une mobilisation politique forte contre toutes les mesures antisociales du gouvernement fédéral. L’un ne va pas sans l’autre. Agir sur le terrain et combattre les injustices structurelles, c’est le même combat.
Une solidarité indispensable, mais insuffisante sans changement politique
Soyons lucides : aussi nécessaire soit-elle, l’ouverture d’un dispositif d’urgence reste une réponse ponctuelle. Elle ne peut remplacer une politique structurelle de l’accueil et de la lutte contre le sans-abrisme. Les structures sont saturées, le plan froid ne suffit plus, et chaque hiver rappelle la même urgence.
Il est temps que le gouvernement fédéral prenne pleinement ses responsabilités en matière d’accueil et de protection des personnes les plus vulnérables.
À Forest, nous continuerons à faire notre part. Parce que la dignité humaine n’est pas négociable. Parce que la solidarité n’est pas une option. Et parce qu’aucune société digne de ce nom ne peut accepter que l’on meure de froid dans ses rues.
