Depuis ce mois de janvier 2026, plusieurs réformes décidées au niveau fédéral et régional sont entrées en vigueur. Présentées comme techniques ou budgétaires, elles auront pourtant des conséquences très concrètes sur la vie quotidienne des habitants et sur le fonctionnement des communes, dont Forest.
Pouvoir d’achat sous pression
Les revenus n’augmentent quasiment pas, alors que les dépenses, elles, continuent de grimper. Le gain moyen annoncé pour 2026 est d’environ 13 euros par mois. Sur plusieurs années, cela reste très loin de compenser l’augmentation du coût de la vie.
Dans le même temps, des mécanismes comme l’indexation sont partiellement remis en cause pour une partie des travailleurs, des pensionnés et des allocataires sociaux. Résultat : une perte de revenus progressive pour de nombreux ménages.
Pour les communes, cela se traduit par davantage de situations de fragilité, plus de demandes d’aide sociale et une pression accrue sur les services de proximité.
Hausse des prix et des taxes locales indirectes
Plusieurs hausses de TVA sont prévues ou confirmées, notamment sur :
- la culture et les loisirs,
- le sport,
- certains services et repas collectifs,
- des activités souvent organisées ou soutenues par les communes.
Ces augmentations touchent directement les écoles, les associations, les infrastructures sportives et culturelles locales. Les pouvoirs locaux devront soit absorber une partie des surcoûts, soit les répercuter sur les citoyens, avec un risque d’exclusion pour les publics les plus fragiles.
Chômage limité dans le temps : un transfert massif vers les CPAS
La limitation des allocations de chômage dans le temps constitue l’une des mesures les plus lourdes de conséquences pour les communes.
À partir de 2026, près de 190 000 personnes perdront leur droit au chômage. Une grande partie d’entre elles se tournera vers les CPAS pour demander un revenu d’intégration.
Concrètement, cela signifie pour les communes :
- une forte augmentation du nombre de bénéficiaires du CPAS,
- des charges financières supplémentaires,
- une surcharge de travail pour les assistants sociaux,
- des délais d’accompagnement plus longs.
À Bruxelles, le coût pour les pouvoirs locaux est estimé à environ 125 millions d’euros par an, sans garantie de compensation suffisante.
Santé et pauvreté : des besoins en hausse, moins de moyens
Plusieurs mesures touchant à la santé et à la protection sociale vont accroître la précarité :
- augmentation du prix de certains médicaments,
- durcissement des sanctions pour les malades,
- réduction ou suppression de dispositifs de lutte contre la pauvreté.
Lorsque l’accès aux soins se complique, ce sont souvent les services communaux qui doivent intervenir en urgence, via des aides financières ponctuelles, de l’accompagnement social ou du soutien administratif.
Les communes deviennent le dernier filet de sécurité, sans disposer des moyens structurels nécessaires.
Emplois locaux et secteur associatif fragilisés
Les réformes annoncées concernant les dispositifs de soutien à l’emploi, notamment dans le secteur public et associatif, menacent de nombreux postes liés aux politiques locales :
- crèches,
- sport et culture,
- action sociale,
- prévention,
- animation de quartier.
Moins de personnel, c’est moins de services accessibles pour les habitants, et une dégradation progressive de la qualité de l’accompagnement.
Familles et enfants directement concernés
Les familles ressentiront aussi les effets de ces décisions :
- hausse du coût des repas scolaires,
- pression financière sur les garderies et les activités extrascolaires,
- risques accrus de renoncement aux activités sportives et culturelles.
Les communes, en particulier celles qui organisent ou soutiennent l’enseignement, devront faire face à ces réalités au quotidien.
Forest en première ligne
À Forest, comme dans de nombreuses communes urbaines, ces réformes auront un impact direct :
- augmentation des demandes d’aide sociale,
- pression sur les CPAS,
- fragilisation des associations locales,
- tensions sur les budgets communaux.
Ces effets ne relèvent pas d’une fatalité économique, mais de choix politiques précis. Ils déplacent une partie importante des responsabilités vers les communes, sans leur donner les moyens suffisants pour y répondre. Informer, comprendre et mesurer ces impacts est essentiel pour défendre des politiques locales justes, efficaces et adaptées aux réalités du terrain.

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