Aller au contenu
Home » Actualités » Pour un financement juste des communes

Pour un financement juste des communes

commune forest

Cette carte blanche est signée par plusieurs bourgmestres, échevines et échevins, présidentes et présidents de CPAS. Elle appelle le gouvernement fédéral à assumer pleinement ses responsabilités envers les communes et à financer correctement les missions qu’il leur impose. Nous vous invitons à la lire dans son intégralité.

Les communes sont le premier échelon de la démocratie. Elles sont aussi le premier point de contact entre les citoyennes et citoyens et les services publics. Pourtant, aujourd’hui, leur sous-financement structurel met gravement en danger la qualité, la continuité et l’accessibilité de ces services essentiels.

Depuis plusieurs années, le financement fédéral des zones de police, des CPAS et des pensions des fonctionnaires locaux ne permet plus de couvrir les missions imposées aux communes. Depuis 2021, celles-ci sont contraintes d’augmenter fortement leurs dotations à la police et aux CPAS pour compenser ce manque. Pour une commune de 100 000 habitants, cela représente des surcoûts de plusieurs millions d’euros chaque année, particulièrement lourds en Région bruxelloise.

Ces dépenses supplémentaires ont des conséquences très concrètes. Aujourd’hui, une commune sur deux est en déficit. De nombreuses communes ont dû augmenter le précompte immobilier, parfois à plusieurs reprises. D’autres n’ont plus les moyens de remplacer les départs à la pension, ou ont été contraintes de réduire leurs effectifs de 5 à 10 pour cent. Dans certains cas, des services à la population ont été réduits, voire supprimés.

La pression sur le service public est réelle et visible. Les délais s’allongent pour obtenir une carte d’identité, une aide sociale ou rénover une école. La propreté de l’espace public se dégrade faute de personnel. Les soignants disposent de moins de temps pour accompagner les personnes âgées. Certaines aides à domicile ont disparu, des homes publics ont été privatisés. Pour le personnel communal et des CPAS, cette situation se traduit aussi par davantage de tensions, de fatigue et d’agressions.

À cela s’ajoutent des défis majeurs que les communes doivent continuer à assumer, notamment en matière de lutte contre le dérèglement climatique et d’adaptation de leur territoire, sans moyens supplémentaires.

Les décisions récentes et annoncées du gouvernement fédéral ne feront qu’aggraver cette situation. La mesure visant à exclure plus de 180 000 personnes du chômage appauvrira encore davantage une partie de la population, en particulier les femmes. La charge financière de ces exclusions sera, une fois encore, reportée sur les CPAS et les communes, pour des montants qui se chiffreront en millions d’euros.

Concrètement, cela signifie que les communes devront soit réduire encore leur personnel, soit supprimer ou privatiser des services, soit augmenter les taxes locales, souvent les trois à la fois. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral se félicite de ne pas avoir créé de nouvelles taxes, alors que ce sont les communes qui se retrouvent contraintes de les augmenter pour maintenir l’aide sociale et les services publics de proximité. Cette logique affaiblit la solidarité entre communes et accentue les inégalités fiscales entre territoires.

Face à cette situation, nous appelons le gouvernement fédéral à assumer pleinement ses responsabilités. Cela passe par un financement structurel et pérenne des missions qu’il impose aux communes. Nous demandons notamment un financement à 100 pour cent du revenu d’intégration sociale, au lieu des 70 pour cent actuels, un financement durable des pensions des fonctionnaires locaux, ainsi qu’une révision en profondeur du financement des zones de police, afin que chaque agent soit financé de manière équitable, quelle que soit sa région.

Préserver des communes fortes, capables d’assurer leurs missions, c’est préserver des services publics accessibles, une démocratie locale vivante et une solidarité réelle entre citoyennes et citoyens. En fragilisant les finances communales, ce sont toutes et tous que l’on fragilise.

Cette carte blanche mérite d’être lue dans son intégralité. Elle pose un enjeu central pour l’avenir de nos communes et pour la qualité des services publics auxquels chacune et chacun a droit.

Source : carte blanche publiée dans La Libre le 19 janvier 2026

Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *