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CPAS Forest : fin du chômage, explosion des besoins

À Forest, le CPAS se trouve à un moment charnière. Les décisions prises au fédéral concernant la réforme visant à limiter ou supprimer l’accès aux allocations de chômage pour un nombre croissant de personnes, ont des conséquences directes, concrètes et immédiates sur la commune. Ce ne sont pas des projections abstraites, mais des réalités déjà observables sur le terrain.

La fin progressive du chômage, telle qu’elle est organisée aujourd’hui, ne signifie pas la fin de la précarité. Elle signifie, très concrètement, un basculement massif vers les CPAS. À Forest, cela se traduit par une augmentation attendue du nombre de personnes sans revenus suffisants, contraintes de se tourner vers l’aide sociale pour survivre.

Ce déplacement de charge n’est pas neutre politiquement. Il transforme le CPAS en dernier filet de sécurité, sans que les moyens suivent nécessairement. Il place les communes face à leurs responsabilités, mais aussi face à leurs limites.

Fin du chômage : un transfert brutal vers les CPAS

La réforme du chômage ne supprime pas les besoins, elle déplace simplement les personnes concernées. Lorsqu’une personne arrive en fin de droits au chômage, elle ne disparaît pas du paysage social. Elle doit payer un loyer, se nourrir, se soigner, faire face aux factures d’énergie. Lorsque plus aucune allocation fédérale n’est versée, le CPAS devient l’unique point d’entrée.

Le CPAS de Forest anticipe ce basculement depuis des mois. Des dispositifs spécifiques ont été mis en place pour orienter les personnes concernées par la fin du chômage vers les bons services, notamment via l’antenne sociale chômage.

Si une personne n’a pas ou plus de dossier actif au CPAS et qu’elle est concernée par la fin du chômage, elle peut se rendre à l’antenne sociale chômage située rue Saint-Denis 14, 1190 Forest.

Les permanences y sont organisées :

  • les mardi, mercredi et vendredi de 9h à 12h
  • les lundi et jeudi de 13h30 à 16h

Les demandes peuvent également être introduites par e-mail à l’adresse antennechomage@cpas1190.brussels .

Ce point de contact est essentiel pour éviter des ruptures de droits, des situations d’errance administrative ou des périodes sans aucun revenu. Mais il ne règle pas la question centrale : l’explosion des demandes d’aide sociale, dans un contexte où les CPAS n’ont pas vocation à absorber seuls les conséquences de politiques d’exclusion.

Le revenu d’intégration sociale : conditions et réalités

Le revenu d’intégration sociale (RIS) est aujourd’hui l’un des principaux leviers d’intervention du CPAS. Contrairement à certaines idées reçues, il ne s’agit ni d’un droit automatique ni d’une aide accordée sans conditions. Pour pouvoir bénéficier du RIS, il faut remplir plusieurs critères cumulatifs.

  • Il faut résider habituellement en Belgique et être majeur.
  • Il faut être belge ou ressortissant de l’Union européenne, ou assimilé, ou encore réfugié reconnu, bénéficiaire de la protection subsidiaire, apatride ou inscrit au registre de la population.
  • La personne ne doit pas disposer de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins.
  • Elle ne doit pas bénéficier d’autres allocations sociales couvrant déjà ces besoins.
  • Elle doit être disposée à travailler, sauf empêchement justifié, médical ou social.
  • Elle doit accepter de conclure un Projet individualisé d’intégration sociale (PIIS).

Ce dernier point est fondamental. Le PIIS formalise les engagements réciproques entre la personne et le CPAS. Il peut porter sur une recherche d’emploi, une formation, un accompagnement social ou médical, ou toute autre démarche visant à favoriser l’autonomie à terme. Le RIS n’est donc pas une aide passive. Il s’inscrit dans un cadre strict, contrôlé, et souvent exigeant pour les bénéficiaires.

Dans le contexte de la fin du chômage, le RIS devient la dernière protection contre la pauvreté extrême. Mais il n’a jamais été conçu pour absorber des flux massifs de personnes issues du système du chômage. Cette situation crée une pression énorme sur les services sociaux, les travailleurs et travailleuses du CPAS, et sur les finances communales.

Une pression croissante sur le CPAS de Forest

Les situations rencontrées par le CPAS de Forest sont de plus en plus complexes. Les profils évoluent. Il ne s’agit plus uniquement de personnes très éloignées de l’emploi, mais aussi de personnes qui ont travaillé, parfois pendant des années, et qui se retrouvent soudainement sans droits.

Cette évolution est directement liée aux choix politiques opérés au niveau fédéral. En réduisant la durée du chômage sans garantir des alternatives réelles et accessibles, on transfère mécaniquement la charge vers les CPAS. Ce transfert se fait sans débat suffisant sur les moyens, ni sur les conséquences humaines.

À Forest, cela signifie plus de dossiers, plus d’urgence, plus de détresse sociale à gérer, avec des équipes déjà fortement sollicitées. Cela signifie aussi des décisions politiques locales plus lourdes, car chaque restriction budgétaire a désormais un impact immédiat sur des personnes déjà fragilisées.

Un enjeu démocratique et social majeur pour Forest

Ce qui se joue aujourd’hui autour du CPAS de Forest dépasse largement la question administrative. Il s’agit d’un choix de société. Soit on accepte que des milliers de personnes basculent dans la précarité, avec pour seule réponse un CPAS sous pression, soit on assume collectivement que la lutte contre la pauvreté nécessite des politiques cohérentes, coordonnées et financées à tous les niveaux de pouvoir.

À Forest, le CPAS reste un rempart essentiel contre l’exclusion. Mais ce rempart ne pourra tenir que si les choix politiques cessent d’affaiblir les protections sociales en amont. La fin du chômage ne peut pas devenir une fin de droits. Elle ne peut pas se traduire par une simple délocalisation de la pauvreté vers les communes.

C’est précisément pour cela que le débat autour du CPAS de Forest est aujourd’hui profondément politique. Et c’est aussi pour cela que les engagements portés par les conseillères CPAS socialistes Caroline Dupont et Naïma Ghanmi sont plus nécessaires que jamais.

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